Henri Bénites

Auteur du Catalogue raisonné

de l’Œuvre peint de

Raphaël Toussaint

Pseudonyme de

Jacques de la Croix

durant sa période d’activité de peintre

1964 –> 20??.

Préface

C’est au Salon d’automne au grand Palais en 1986 que débute vraiment ma formidable aventure (pour moi du moins) avec celui que je considère comme faisant partie des plus grands peintres de notre époque.

Pure coïncidence, c’est cette année là aussi, qu’est rendu l’hommage aux Peintres Témoins de leur Temps. J’ai fait alors le rapprochement entre ces deux évènements qui me semblaient significatifs.

Ce 23 novembre 1986, après trois journées entières au grand Palais, c’est à quelques instants de la fermeture de l’exposition que je me sens transporté à la vue d’une peinture titrée « La partie de boules chez Chouchou» de Raphaël Toussaint.

Le jour suivant, de mon domicile, ma première et unique conversation téléphonique avec Raphaël. Unique parce que s’en est suivi une abondante correspondance littéraire alternée depuis plus de 30 années, facilitée par la distance géographique, lui en Vendée, moi dans les Bouches-du-Rhône.

Une amitié réciproque s’est renforcé durant toutes ces années passées durant lesquelles j’ai suivi son parcours de peintre. De ses courts débuts, classé dans la catégorie des peintres naïfs, il transite progressivement vers le paysage. Il n’est ni suiveur ni imitateur, il est lui-même. Un Raphaël Toussaint se reconnaît sans hésitation, aux cimaises d’une exposition.

Estimé par les connaisseurs, chacune de ses œuvres représente une démarche extrême dans un aboutissement qui lui est propre. C’est un hommage permanent au calme, à l’équilibre et au bonheur. Intimement, sa création est le reflet de sa vie. Il aime et peint avec aisance, malgré la complexité du sujet qui raconte à chaque fois, une histoire.

La cohérence de sa palette se défini en trois périodes :

–> de 1964 à 1972 ʻʻLe Naïfʼʼ

–> de 1973 à 1980 ʻʻLa transitionʼʼ

–> de 1981 à 2013 ʻʻLe Paysagisteʼʼ

Ce cloisonnement très subjectif permet d’analyser le cheminement comme le démontrent tous les ouvrages pour traiter de cet Art dit naïf avec Henri Rousseau comme point de départ, suivi de Camille Bombois, Louis Vivin, André Bauchant, Jean Éve, René Rimbert et Jules Lefranc.

Mais aussi et surtout, tous ces peintres des siècles passés qui ont marqué sa vie, et lui révélèrent où se situait son véritable mode d’expression. À savoir entre autres les français: Nicolas Froment – les frères Limbourg. Les Flamands/Hollandais: Van der Weden – Gérard de Saint Jean – Philips Koninck – Joachim Patinir – Pierre Brueguel – Joss de Monper – Les Italiens: Léonard de Vinci – Raphaël – Giotto – Fra Angélico.

En 1964 apparaissent les premières toiles signées Raphaël Toussaint. Difficile de peindre en s’appelant Jacques de la Croix. Le 1er novembre 1963, jour de la fête de la Toussaint, il décide donc de changer son nom pour celui de Toussaint et, comme prénom il choisit Raphaël en hommage au peintre de la renaissance italienne.

En réalité, sa palette est hors normes, n’appartenant qu’à son propre style toujours apparenté à une réalité poétique qu’il porte en lui. Personnellement, et ce n’est que mon avis, si je devais le classer, ça serait dans un mélange de maniérisme et de primitif modernes à la manière du peintre flamand, Jan Brueghel (dit de velours). C’est tout simplement un langage pictural qu’il impose et qui lui est propre. «Ce qui fait que sa peinture peut être considérée comme unique» dixit Henri Griffon.

Pour ma part, et pour conclure sans aucune prétention, le style de Raphaël Toussaint peut se définir comme le mouvement  »Raphaël Toussaint ».

C’est pourquoi, grâce à ma parfaite connaissance de ce qu’est Raphaël Toussaint, je me suis proposé pour construire et écrire ce Catalogue raisonné de son Œuvre peint.

H.B.